J’ai le grand plaisir de vous transmettre l’invitation au vernissage de votre collègue d’atelier, Francine Wera qui aura lieu le 24 mai, au 46 rue de Page Bxl.
Chaque artiste, débutant ou pas, est régulièrement confronté dans son travail à la peur. Peur de créer, peur de poser des premiers coups de pinceau, peur de changer qq. chose sur le tableau déjà existant.. La liste de craints est longue.
Il paraît paradoxal qu’une activité qui est censé être libre de contrainte peut générer tant des peurs. Mais le problème est justement là : dans l’absence des contraintes, dans la totale liberté qui est actuellement à porter de chacun. La peinture aujourd’hui n’est plus soumise à aucun code ni esthétique, ni social. Tout est permis ; des contenus thématiques les plus scandalisant à la l’expression picturale le plus innovante.
Cette liberté totale est justement un des sources principales de blocages et d’angoisses. Car si tout est permis, alors cela veut dire qu’il n’y a pas non plus d’excuses ; le peintre ne peut pas se cacher derrière un prétendu censure sociale, morale ou esthétique qui lui empêcheront l’expression de sa créativité. Il ne dépend que de lui et de son talent de faire une œuvre intéressante, belle ou bouleversante. Voilà une constatation qui peut s’avérer plutôt source de blocages que une constatation libératrice. .
Car il faut se rendre compte que peu de nous ont eu la chance d’apprendre à gérer la liberté. Depuis notre plus jeune age, les parents, l’école, la société nous ont plutôt appris de s’aligner sur le groupe que d’explorer des nouvelles senties de penser ou d’agir. Aussi, depuis enfance chaque action est vite soumise à un critère de jugement ; bon /mauvais. Il y a toujours eu qqn pour nous dire si ce que nous faisons est correct ou pas. Comment dans ce cas faire face à une activité où souvent on ne peut pas tout résumer à une simple constatation : c’est bien ou c’est mal ?
Le travail de peintre ne se résume pas à juste créer des « bons » tableau. Souvent, pour arriver dans le long terme à une expression propre il faut d’abord être prêt de sortir de sentiers battus, d’oser explorer ses propres limites. Ceci n’est pas possible si nous nous résumons juste à vouloir à chaque fois faire un bon tableau. Il faut être prêt à affronter l’échec, être d’accord de faire face à des périodes de recherche où rien ne semble aller. Faire des « croûtes ». Rater. Une fois, dix fois cent fois. Se rendre compte qu’il vaut mieux rater dix fois pour repousser la frontière de nos limites que de se borner à rester toujours dans la zone de confort.
Mais cela fait peur. Il faut donc accepter que l’apprentissage de la peur qui fait partie intégrante de travail artistique.
Ne fuyez pas cette leçon.
"Si vous voulez travailler sur votre art, travaillez sur votre vie." Tchekov
Qu’est ce que cette phrase veut dire?
Trop souvent les jeunes peintres focalisent sur la technique. Combien de fois nous avons tous entendu pou prononcer cette phrase" Ah, seulement si j’avais la technique.." Sous-entendant que si la personne qui prononce ces mots avait "la technique" elle ferait des œuvres époustouflantes.
Quelle douce rêverie de se dire cela! Nous pouvons avoir toutes les connaissances techniques du monde, savoir faire des glacis, effets de matière et j’en passe et pourtant produire des œuvres qui aussi élognié de l’art que la Barbie est de la vraie femme. Nous connaissons tous des artistes naïves ou du monde de l’art brut qui malgré des connaissances techniques très limites créent des œuvres d’une grande puissance plastique.
En d’autres termes, cela veut dire que pour avoir une expression personnelle, il faut d’abord avoir un Moi à exprimer. Donc pas avoir peur d’aller à la rencontrer de soi, pas prendre des risques malgré la peur, s"aventurer hors connu, facile et sécurisant. L’art n’est pas toujours une affaire de plaisir; pour avoir du plaisir il vaut mieux se tourner vers le macramé ou la broderie.
Bien sur, je ne préconise pas l’abandon complet de la recherche technique mais je mets en garde contre un aveuglement qui fait que le peintre se consacre que à cela. Il faut aussi développer sa vison propre en regard d’abord, avec attention, soi-même.
Je termine avec les mots de Picasso tiré du livre "Picasso-propos sur l’art" : Si tu cherches bien tu peux trouver une peseta n’importe où, mais la personnalité ne se trouve pas pour autant qu’on la cherche, car elle réside dans la personne même. Si tu fait attention tu verras que ce n’est pas un jeu de mots. La personnalité ne tient pas à la volonté d’être personnel. Celui qui s’acharne à être original perd son temps et se trompe.."
J’ai le plaisir de vous faire partager les photos qui ont étaient prises lors du vernissage de notre collègue Samia Hajjar.
Régalez vous!
Notre collègue, Francine Wera, expose dans le cadre de "Journée de la Femme" organisé par la commune d’Anderlecht. Vous trouverez ci joint le lient qui permets de voire le programme de cette événement.
http://www.anderlecht.be/agenda-fr/details/1241-anderlecht-au-feminin