Perspective centrale

La connaissance de perspective peut nous rendre des services précieux pas seulement si nous voulons donner à voir un univers « réaliste » mais également si nous voulons construire des tableaux oniriques, se situant au entre rêve et l’état de veille. Les peintres surréalistes le savaient très bien et étaient de grands adeptes d’utilisation de perspective dans leurs œuvres. Un tableau qui démontre un savoir-faire presque déconcertant est le « Christ » de Salvador Dali avec son fameux raccourci du corps de Jésus.
Un autre peintre qui a su créer dans ses toiles des espaces inquiétants est Georgio de Chirico.  La peinture de Chirico est « métaphysique » parce qu’elle transpose la réalité au-delà de la logique habituelle ; elle joue sur le contraste entre la précision réaliste des objets et de l’espace représenté par les effets de perspective, et la dimension onirique que le peintre leur donne.
Des autres exemples de l’utilisation de règles de perspective  nous sont donnés à voir par de tels peintres que Magritte, Delvaux, Hockney, Hopper, van Gogh… pour n’en citer que quelques-uns.

L’apprentissage des règles de perspective peut paraître rébarbatif, sec, peu artistique puisque ne laissant pas cours à la  fameuse « liberté » d’inspiration. Cette vue de l’art ; comme un souffle divin d’inspiration qui est infusé au peintre par une muse est un mythe ancré dans la vision romantique d’art. Ce nom désigne un art où l’imagination et la sensibilité prédominent sur toute autre faculté de l’esprit. Plus généralement, il évoque des formules diamétralement opposées à celle de l’art classique des XVIIe et XVIIIe siècles. La figure du peintre maudit, pauvre, torturée par des sentiments profonds date de cette période là. C’est une vision très séduisante, excitante l’imagination ce qui explique son succès qui persiste jusqu’au temps moderne.

Mais l’art n’est pas qu’une affaire de muses, de moment unique où la raison s’éclipse laissant les champs aux émotions. L’art c’est aussi un savoir-faire, un solide base de connaissance et  un travail préparatoire au service de l’expression. Parfois, c’est justement la rigueur sous-jacente de la construction de l’espace de tableaux qui lui confère l’atmosphère recherche par le peintre. Il suffit de penser à la peinture de Paul Delvaux avec la perspective sans fin de ses gares nocturnes. Le grand art est composé de deux facettes ; de  la raison et des sentiments. Ne négligez aucun de deux.

Publicités

Une réflexion au sujet de « Perspective centrale »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s