La peinture et la peur.

Chaque artiste, débutant ou pas, est régulièrement confronté dans son travail à la peur. Peur de créer, peur de poser des premiers coups de pinceau, peur de changer qq. chose sur le tableau déjà existant.. La liste de craints est longue.

Il paraît paradoxal qu’une activité qui est censé être libre de contrainte peut  générer tant des peurs. Mais le problème est justement là : dans l’absence des contraintes, dans la totale liberté qui est actuellement à porter de chacun. La peinture aujourd’hui n’est plus soumise à aucun code ni esthétique, ni social. Tout est permis ; des contenus thématiques  les  plus scandalisant à la l’expression picturale le plus innovante.
Cette liberté totale est justement un des sources principales de blocages et d’angoisses. Car si tout est permis, alors cela veut dire qu’il n’y a pas non plus d’excuses ; le peintre ne peut pas se cacher derrière un prétendu censure sociale, morale ou esthétique qui lui empêcheront l’expression de sa créativité. Il ne dépend que de lui et de son talent de faire une œuvre intéressante, belle ou bouleversante. Voilà une constatation qui peut s’avérer plutôt source de blocages que une constatation libératrice. .

Car il faut se rendre compte  que peu de nous ont eu la chance d’apprendre à gérer la liberté. Depuis notre plus jeune age, les parents, l’école, la société nous ont plutôt appris de s’aligner sur le groupe que d’explorer des nouvelles senties de penser ou d’agir. Aussi, depuis enfance chaque action est vite soumise à un critère de jugement ; bon /mauvais. Il y a toujours eu qqn pour nous dire si ce que nous faisons est correct ou pas. Comment dans ce cas faire face à une activité où souvent on ne peut pas tout résumer à une simple constatation : c’est bien ou c’est mal ?

Le travail de peintre ne se résume pas à juste créer des « bons » tableau. Souvent, pour arriver dans le long terme à une expression propre il faut d’abord être prêt de sortir de sentiers battus, d’oser explorer ses propres limites. Ceci n’est pas possible si nous nous résumons juste à vouloir à chaque fois faire un bon tableau. Il faut être prêt à affronter l’échec, être d’accord de faire face à des périodes de recherche où rien ne semble aller. Faire des « croûtes ». Rater. Une fois, dix fois cent fois. Se rendre compte qu’il  vaut mieux rater dix fois pour repousser la frontière de nos limites que de se borner à rester toujours dans la zone de confort.

Mais cela fait peur. Il faut donc accepter que l’apprentissage de la peur  fait partie intégrante de travail artistique.

Ne fuyez pas cette leçon.

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