Exposition Edward Hopper

Grand Palais,  Galeries nationales, Paris  Edward Hopper •

http://www.grandpalais.fr/grandformat/exposition/edward-hopper/

Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013, tous les jours sauf le mardi de 10h à 22h (dimanche et lundi jusqu’à 20h)

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Edward Hopper reste un peintre qui ne cesse de fasciner malgré le passage du temps. On pourrait croire qu’à cause du  réalisme présente dans la description d’objets, meubles, mode vestimentaire, des tableaux vont vieillir et nous paraître passéiste mais c’est tout le contraire. A quoi tient ce phénomène ? D’un côté la qualité de peinture en elle-même en est la cause. Hopper est tout simplement un très grand peintre, un coloriste hors commun  qui sait aussi très bien composer ses toiles.

C’est par excellence le peintre de la lumière que ce soit la lumière que le soleil dessine sur les tapis ou de la lumière nocturne, blafarde de néons. La lumière se solidifie en carrés, losanges quasi abstraits qui confère à chaque tableau un rythme propre à lui.
C’est aussi le peintre du cadrage qui s’apparente à l’univers  filmographique. Les instantanés de la vie, saisie sur le moment, des arrêts d’image des personnages attrapés en vol, en train de faire qq. chose ; discuter dans un bureau le soir après travail, attendant  dans un hall d’hôtel, lisant un journal dans un compartiment de train.

Mais, merveilleuse  qu’elle soit la technique picturale de Hopper, elle n’aurait pas suffit de l’immortaliser si ce n’était quelle reste au service d’un regarde psychologique que Hopper porte sur la condition d’homme moderne. Cette condition est aussi traitée, et d’une façon plus poignant encore, dans ses tableaux dépourvus de personnages mais pas de présence humaine qui persiste à travers des signes de civilisation qui font irruption dans le paysage ; un pôle de télégraphe, un bout de chemin, une maison isolée.  L’homme dans l’univers de Hopper est seul, aliéné de ces semblables et de la nature. Ce ce regard psychologique sur la condition d’homme moderne qui rend les tableaux de Hopper intemporel. L’homme de XXI siècle perdu dans la solitude malgré tous les gadgets de la technologie de communication se reconnaît dans les  personnages de Hopper. Comme eux, nous nous sentons fragiles, vulnérables à ces heures du matin ou du soir où la clameur incessante de la ville cesse pour un moment.