L’art et le jeu par David Hockney

« Je ne pense pas qu’on peut avoir l’art sans le jeu : Picasso a toujours compris ça. Je ne pense pas qu’on peut avoir beaucoup d’activité humaine qui soit dépourvu d’un certain sens du  jeu. Quelqu’un m’a critiqué une fois mon travail en disant qu’il était trop jouette. C’est à peine  une critique, c’est un compliment. Je le vois comme un compliment car je crois que sans un certain sens de jeu  il n’y pas non plus beaucoup de curiosité ; même les scientifiques ont un sens de jeu. Et c’est cela qui permet l’apparition  de surprises, de découvertes, de l’inconnu.

Les gens tendent à oublier que le jeu est sérieux, mais moi je sais bien qu’il le soit Certaines personnes ont cette idée que si c’est ennuyant alors c’est de l’art, et si ce n’est pas ennuyant alors ce n’est pas de l’art. Eh bien, moi j’ai toujours pensé que c’était justement l’envers ; si c’est ennuyant alors ce n’est probablement pas l’art, et si c’est excitant alors c’est probablement que c’est de l’art.

Je ne connais aucun bon art qui est ennuyant, dans le domaine de musique, peinture ou poésie. Est-ce que ne pas pour cela que Shakespeare est si excitant ?  »

Extrait tiré du livre « Ma façon de voir » par David Hockney, ISBN : 978-2-87811-170-5, prix environ 30 eur

Ma Facon de voir ETH big

Présentation du livre
David Hockney, c’est une immédiateté surprenante dans le monde sclérosé de l’art, c’est une franchise de ton comme de couleur, c’est de l’humour, et une grande dose d’humanité derrière le vernis de la provocation. David Hockney n’est pas un intellectuel, c’est un touche-à-tout : on sait qu’hormis ses peintures, il a fait des décors de théâtres, mais il faut ajouter à sa panoplie le Polaroïd et les photocollages, les « lithographies maison » (au fax), les innovations à la photocopieuse et à l’ordinateur.

L’un des artistes les plus aimés de notre époque raconte ici vingt années de créations : l’exploration des formes dont il a repoussé les limites, les jeux avec les couleurs vives, la perspective, l’idée de reproduction et la technologie.

Rares sont les autobiographies d’artistes à nous montrer aussi précisément comment l’on voit quand on est un maître de l’images.

Pastels : artistes

Voici quelques grandes maitres de pastels.
Vivien,
Charles Le Brun
Daniel Dumonstier,

Rosalba Carriera
Jean Baptiste Perroneau
Jean Etienne Liotard
Maurice Quentin de la Tour
Jean Baptiste Chardin

Manet,
Degas,
Pisarro
Mary Cassatt
Renoir
Toulouse-Lautrec
Odilon Redon
Paul Klee
Picasso
André Masson

Un lien vers le site de artiste pastellistes contemporaines:http://www.artistsinpastel.com/

 


Mark Rothko sur l’art et la décoration

« Une redoutable confusion a surgit entre l’art valable de notre temps et la décoration. Disons ici qu’il n’y a pas de lien. La fonction d’art est d’exprimer et d’émouvoir. Celle de décoration, d’embellir. Nous n’aurions pas un instant de paix si chacun de nos objets utiles entreprenait de nous émouvoir ou nous inciter à philosopher. On peut naturellement faire valoir que l’art aussi est décoratif. Mais disons-le ici sans moindre hésitation: le caractère décoratif d’art est spirituel et philosophique, il suit des lois fondamentales en même temps qu’il les démontre. Le principe décoratif ne fait qu’ajouter à notre sentiment de justesse sensuelle. Nous attendons bien entendu d’un panneau de signalisation qu’il soit agréable plutôt que laid. Mais le charme est d’autant plus grand qu’il remplit simplement son rôle sans détruire son environnement. La décoration est en conséquence l’expression du bon goût, alors qu’un tableau peut critiquer sans détour celui-ci. Gardons -nous donc d’enseigner l’art à  travers les leçons de la décoration. Car dans la quête  du corps, la présence de l’esprit sera complètement oblitérée.  »

Extrait provenant  du livre de Mark Rothko « La réalité de l’artiste » , édition Flammarion , Paris, 2004.

Gerhard Richter à l’oeuvre

Dans cette vidéo nous pouvons observer Gerhard Richter au travail. Bien sur sa technique singulière est ce qui attire d’abord l’attention. Mais j’aimerais mettre l’accent sur un autre fait. Dans la vidéo, Richter travaille tout le temps sur  le même tableau. Ainsi, il démontre la qualité que les grands peintres ont  de remettre sans cesse en jeu son œuvre si elle ne correspond pas à son intuition profond.

Avec chaque intervention de sa grande racle, il risque le tout pour le tout. Ceci nécessite  du courage, du détachement  de la curiosité et du renoncement à la maîtrise absolu sur l’œuvre. Il va avec son travail, avec les accidents qui apparaissent,  il  n’essaye pas de tout contrôlé. Il est prêt de laisser aller le passé ; tant pis si ce qui a était sur toile était peut-être meilleur  que son plus récente intervention. Il est prêt à accueillir ce qui advient même l’échec. Et c’est ça  le vrai  travail d’un peintre.

Exposition Edward Hopper

Grand Palais,  Galeries nationales, Paris  Edward Hopper •

http://www.grandpalais.fr/grandformat/exposition/edward-hopper/

Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013, tous les jours sauf le mardi de 10h à 22h (dimanche et lundi jusqu’à 20h)

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Edward Hopper reste un peintre qui ne cesse de fasciner malgré le passage du temps. On pourrait croire qu’à cause du  réalisme présente dans la description d’objets, meubles, mode vestimentaire, des tableaux vont vieillir et nous paraître passéiste mais c’est tout le contraire. A quoi tient ce phénomène ? D’un côté la qualité de peinture en elle-même en est la cause. Hopper est tout simplement un très grand peintre, un coloriste hors commun  qui sait aussi très bien composer ses toiles.

C’est par excellence le peintre de la lumière que ce soit la lumière que le soleil dessine sur les tapis ou de la lumière nocturne, blafarde de néons. La lumière se solidifie en carrés, losanges quasi abstraits qui confère à chaque tableau un rythme propre à lui.
C’est aussi le peintre du cadrage qui s’apparente à l’univers  filmographique. Les instantanés de la vie, saisie sur le moment, des arrêts d’image des personnages attrapés en vol, en train de faire qq. chose ; discuter dans un bureau le soir après travail, attendant  dans un hall d’hôtel, lisant un journal dans un compartiment de train.

Mais, merveilleuse  qu’elle soit la technique picturale de Hopper, elle n’aurait pas suffit de l’immortaliser si ce n’était quelle reste au service d’un regarde psychologique que Hopper porte sur la condition d’homme moderne. Cette condition est aussi traitée, et d’une façon plus poignant encore, dans ses tableaux dépourvus de personnages mais pas de présence humaine qui persiste à travers des signes de civilisation qui font irruption dans le paysage ; un pôle de télégraphe, un bout de chemin, une maison isolée.  L’homme dans l’univers de Hopper est seul, aliéné de ces semblables et de la nature. Ce ce regard psychologique sur la condition d’homme moderne qui rend les tableaux de Hopper intemporel. L’homme de XXI siècle perdu dans la solitude malgré tous les gadgets de la technologie de communication se reconnaît dans les  personnages de Hopper. Comme eux, nous nous sentons fragiles, vulnérables à ces heures du matin ou du soir où la clameur incessante de la ville cesse pour un moment.

Corps et passion

Dévoiler  la sensibilité dans un dessin de nu est une tâche délicate empreinte d’émotion. Notre corps traduit la passion de nos pensées, reflétant nos forces et nos faiblesses. Nous ne dessinons pas le corps humain comme nous dessinons un vase. Il y a toujours une tension plus grande qui apparait car le corps du modèle nous renvoie à notre propre corps, à notre humanité.

Deux artistes ont su approcher le dessin de nue avec une grande passion et tendresse.
Le premier est Rodin qui était un dessinateur virtuose et boulimique dans son approche. Le dessin que vous voyez ci-dessous, figure parmi 7 000 dessins exposés par roulement au musée Rodin  de Paris. Rodin employait des modèles qui avaient pour consigne d’évoluer librement dans son atelier ou de poser en groupe. Comme ici, il dessinait généralement en quelques traits délicats de crayon et d’aquarelle.
Le public de Rodin a souvent été choqué par l’érotisme de ses dessins. Mais plus étrange, son utilisation très libre des lignes était également jugée outrancière. Son trait de pinceau débordant des contours (comme ici)  fit scandale en son temps, même s’il inspira par la suite des générations entières d’artistes.

Rodin, Deux femmes enlacée, 1911  (cliquez pour agrandir)

Le deuxième artiste est une artiste contemporaine Anita Taylor qui travaille souvent le thème d’autoportrait. Ses immenses dessins explorent la relation unissant artiste auteur et l’artiste modèle,  et reflètent intimement la signification et les émotions suscitées par la nudité, son exposition et sa contemplation.
Contrairement à Rodin, Anita Taylor, utilise un trait puissant  dont les tracés successifs et superposés sculptent ce corps de femme. L’artiste a dessiné, gommé puis dessiné de nouveau conférant ainsi à son œuvre une vie indépendante du sujet.  Ce  dessin montre l’intérêt que l’artiste porte à la lumière qui semble émaner du l’intérieure même du personnage et pas venir se poser sur le corps.

Anita Taylor, All  and Nothing, 1999 (cliquez pour agrandir)

Les deux artistes ont su, par de moyens picturaux  diamétralement opposés, traduire la sensualité du corps et  donner à voir son intimité, tout en faisant passer leurs propres émotions.